Accueil

Contacts

Qui sommes nous ?

Publicité

Modifier

Partenaires

Consulter
Vous inscrire
Accès privilégié

De presse
D'images

Textes de Loi
Fiscalité
Conventions collectives
Créer un journal

"L'un des problèmes parmi les plus aigus en Grande-Bretagne est celui concernant nos lois, particulièrement sévères, sur la diffamation. A l'inverse des Etats-Unis par exemple, où l'intention de nuire doit être prouvée, ici, l'erreur la plus innocente peut mener un titre devant les tribunaux pour diffamation".
Emily Bell
Emily Bell a travaillé en tant que rédactrice spécilisée dans le domaine des médias, pendant dix ans à l'Observer. En 2000 elle devient fondatrice de MediaGuardian.co.uk, le site web du Guardian, à l'heure actuelle le premier journal britannique en ligne avec 56 millions de pages vues par mois et 4,6 millions d'utilisateurs réguliers.

Emily Bell a couvert tous les aspects de l'industrie des médias et contribue régulièrement à la version papier du Guardian ainsi qu'à Broadcast Magazine.


Comment définiriez-vous la situation de la presse dans votre pays ?


La presse écrite en Grande-Bretagne est soumise à une rude compétition avec ses dix titres de la presse quotidienne nationale et autant d'éditions du week end. Il est incontestable cependant que le lectorat commence à se tourner vers l'internet pour de l'info immédiate et des produits inédits d'où un effritement de la diffusion au cours de ces deux dernières années, alors que, dans un même temps, les consultations en ligne s'envolent. Il y a toutefois quelques exceptions à cette règle. Dans le cas du Guardian et de l'Observer, l'augmentation de la fréquentation de nos sites s'est accompagnée d'une progession des ventes des versions papier ce qui me fait dire que le web ne canibalise pas forcément les ventes en kiosque. Cela dit, il est clair que le 'rouleau compresseur' qu'est l'internet ne fera pas de cadeau à la presse papier.

Entretenez vous des relations avec d'autres journaux à l'étranger ?

Oui, nous avons des accords de diverses sortes et à différents niveaux avec plusieurs journaux étrangers. L'un des plus importants est certainement celui avec le New York Times qui nous autorise à utiliser ses articles tant dans nos versions papiers que sur notre site web.

Les journalistes de la rédaction rencontrent-ils des problèmes particuliers dans l'exercice de leurs fonctions ?

L'un des problèmes parmi les plus aigus en Grande-Bretagne est celui concernant nos lois, particulièrement sévères, sur la diffamation. A l'inverse des Etats-Unis par exemple, où l'intention de nuire doit être prouvée, ici, l'erreur la plus innocente peut mener un titre devant les tribunaux pour diffamation. Ces lois ont été souvent utilisées par le passé, non pas tellement par les gens de la rue pour rétablir la vérité sur une image fausse d'eux qui aurait pu être diffusée, mais comme un mechanisme servant les puissants et destiné à occulter toute une partie du travail d'un journal qui pourrait ne pas leur plaire.

Dans le but de se prémunir contre une régulation gouvernementale qui aurait pu prévoir par exemple une loi sur la protection de la vie privée, l'industrie des journaux en Grande-Bretagne fonctionne selon des régulations auto-imposées au sein de la PCC (Press Complaint Commission - commission pour les plaintes concernant la presse). Ce système, dont la pertinence peut être débattue, est critiqué pour sa propension à favoriser les puissants au détriment du simple lecteur.

A quoi ressemble le marché du travail ? Est-il facile pour un jeune journalist de trouver un emploi ?

Le marché du travail en Grande-Bretagne est rude et les conditions défavorables, dans le domaine du journalisme, ont rendue encore plus difficile la tâche de trouver un emploi dans ce secteur. Il faut toutefois noter que l'ouverture récente de nombreux sites web est venue soutenir le marché de l'emploi. Malgré un rythme rapide de cessations et de fermetures de sites, il existe des opportunités que l'on aurait pu trouver avant.